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Courrier des Lecteurs

2012 - saison 2/3

 

 

18/5/2012 - J.P.

Vieille huile capricieuse

 
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JP : Je viens de découvrir votre site qui est tout à fait extraordinaire ! Je suis en train de lire toutes les pages en même temps !

 

Dtp : Ravi, merci !


JP : Et ça tombe très bien que vous existiez :
je peins depuis 30 ans et il vient de m'arriver un truc complètement incompréhensible. Peut-être pourrez vous éclairer ma lanterne ? La réponse n'est pas vitale, mais tout de même, j'aimerai bien comprendre... Je soumet donc les faits suivants à votre sagacité.

 

Dtp : Merci, nous allons essayer !

JP : Je me suis fait, il y a quelques jours, un médium pour les glacis : huile de lin épaissie au soleil 1 vol + Dammar dans térébenthine 1 vol (recette Nicolas Waecker).
Je précise tout de suite: l'huile de lin en question était en phase de polymérisation assez avancée: elle s'était faite oubliée dans un coin de l'atelier depuis peut-être 10 ans... En flacon fermée, elle était recouverte d'un bon centimètre de "pâte de lin" (que j'ai bien sur ôtée pour faire mon vernis). Je me frottais par avance les mains en m'imaginant la belle siccativité que j'aurai là.

Donc je prend un peu de peinture (pigment broyé à l'huile de lin 5 minutes avant) et je rajoute un peu de mon médium. Ca tire fort, je m'y attendais. Je rajoute quelques gouttes de white spirit, je mélange. Ca tire encore un peu trop, je remet du white spirit. Et alors là : mon mélange explose littéralement, d'un coup, en fines gouttelettes, refusant de se re-mélanger, s'agglutinant au pinceau dans sa totalité !
Je vérifie que j'ai bien versé du white spirit, et non de l'eau...
Abasourdi, je recommence tout depuis le début. Sauf que je décide de diluer un peu la pâte au white avant. Je rajoute mon médium : R.A.S. Je remet du white et voilà mon mélange qui s'éparpille à nouveau!
Essai avec un autre pigment : même résultat.
Essai avec une couleur en tube : même résultat.

???

Se pourrait-il que l'huile, trop siccativée, refuse le white spirit ?
Une autre explication ?

 

Dtp : Le fait que des réactions violentes se produisent lorsque vous ajoutez du white spirit semble indiquer que c'est celui-ci qui pose un problème. Il contient peut-être trop d'aromatiques ou éventuellement de soufre. Si vous n'en trouvez pas un de qualité nettement meilleure - ce qui devient difficile -, il vaudrait vraiment mieux utiliser de la térébenthine et/ou d'aspic.


JP : Mon médium est-il bon à jeter  ?

 

Dtp : C'est à envisager éventuellement.

 

Mais Jean-Louis qui est physico-chimiste au Cnrs et intervient dans les Dialogues de Dotapea, donne une explication très différente de cette anomalie, liée à l'huile elle-même. Cédons-lui la plume :

Le fait qu'une huile soit proche de polymériser (en fait de réticuler) n'est pas pleinement lié avec la capacité de siccativer comme on le voit dans le cas de la standolie qui est particulièrement lente au séchage.
Lorsque une "pâte d'huile" bloque l'accès de l'oxygène, vous avez peu de chances qu'une réelle siccativation ait lieu rapidement à moins d'introduire un oxyde. Il ne s'agit pas des mêmes échelles. C'est une question intéressante. La réticulation n'est pas forcément agente de la siccativation.

 

Il faudrait déjà définir "siccativation". Etymologiquement, ça veut dire séchage. Donc une aquarelle ou une gouache "siccativent", si j'ose dire. Par extension on a pris ce mot pour les huiles. Mais les huiles ne sèchent pas, elles réticulent. C'est pour ça qu'elles deviennent insolubles, pas comme la gouache sèche.
Pour le vieux pot de peinture, la croûte du haut, en contact avec l'air va effectivement réticuler. Et ça protège le bas. En principe, si la peinture est bonne, on enlève la peau et on retrouve une peinture utilisable. Si la peinture n'est pas bonne ou vraiment vieille, il y a aussi une séparation des ingrédients, genre l'huile remonte, la charge tombe au fond, etc... Du coup c'est fichu. C'est plus une question d'âge et d'homogénéité.

Le problème peut donc provenir soit de votre white-spirit, soit de l'huile elle-même. Pour le savoir, il suffit de changer d'essence et de refaire un essai. Si la même réaction se produit, Jean-Louis a raison.

 

 

 

 

   

 

 

 

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